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Bubble tea et réseaux sociaux : réussir sur TikTok et Instagram

La rédaction MiruMiru

Smartphone filmant un bubble tea aux couches colorées et aux popping boba sur un comptoir de salon de thé, lumière naturelle

Peu de boissons se prêtent aussi bien à la photo et à la vidéo que le bubble tea. Couleurs, couches superposées, perles qui roulent dans le gobelet : tout est fait pour être filmé. Pour un salon de bubble tea, un café ou un point de snacking, TikTok et Instagram sont devenus une vitrine à part entière, avec ses codes, ses formats et ses obligations légales.

Pourquoi dit-on que le bubble tea est une boisson « instagrammable » ?

Une boisson « instagrammable » est un produit dont l’apparence suffit à donner envie de le photographier et de le partager. Le bubble tea coche toutes les cases. Dans un article de mars 2026 consacré au marché français, L’Express Franchise résume : les gobelets transparents, les couleurs vives et les perles visibles rendent le produit particulièrement « instagrammable », ce qui contribue à la viralité du phénomène.

Plusieurs éléments jouent en sa faveur :

  • la transparence : on voit la boisson entière, du fond garni de perles jusqu’à la mousse ;
  • la couleur : thés de fruits, matcha, taro violet ou brown sugar tigré offrent une palette très large ;
  • les superpositions : sirop, lait et thé forment des couches nettes avant d’être mélangés ;
  • le geste : la paille qui perce l’opercule, le secouage, l’éclatement d’une perle ;
  • la personnalisation : chaque client compose « sa » boisson, donc « sa » photo.

Quel rôle TikTok et Instagram ont-ils joué dans l’essor du bubble tea ?

En France

L’Express Franchise estime que l’essor de la boisson en France « doit aussi beaucoup aux réseaux sociaux ». La clientèle du bubble tea est jeune, et c’est précisément la génération qui découvre de nouvelles adresses par les vidéos courtes et les stories.

En Europe

L’exemple allemand est souvent cité. En juillet 2021, le quotidien berlinois taz décrivait le retour du bubble tea en Allemagne, une décennie après la fermeture de nombreuses boutiques, et l’attribuait aux réseaux sociaux. Le journal relevait que le hashtag #Bubbletea dépassait alors le milliard de vues sur TikTok, et mentionnait un « Bubbleteachallenge » consistant à percer l’opercule d’un gobelet sans regarder.

À l’échelle internationale, le magazine BeverageDaily rapportait en juillet 2024 l’analyse du cabinet Mintel : les réseaux sociaux jouent un rôle important dans l’attrait du bubble tea, en particulier auprès des jeunes consommateurs. Le même article indique, d’après Mintel, que l’Europe et l’Amérique du Nord représentaient ensemble 41 % des lancements de thés et de thés prêts à boire contenant des perles en 2023.

Ce que cela change pour un établissement

Concrètement, une partie de la découverte se fait désormais avant la visite : le client a vu la boisson en vidéo, il vient la chercher. Un compte actif ne remplace pas un bon emplacement, mais il prolonge la vitrine au-delà de la rue.

Quels contenus publier pour un salon de bubble tea ?

Le principe : montrer ce que le client ne voit pas toujours, et filmer ce qui est spectaculaire. Voici les formats qui se prêtent le mieux à la boisson.

Format Ce qu’on montre Réseau le plus adapté
Préparation en accéléré Thé, lait, perles, scellage du gobelet TikTok, Reels
Plan macro sur les couches Superpositions de couleurs avant mélange Instagram (photo, Reels)
ASMR Son du shaker, de l’opercule percé, des perles qui éclatent TikTok
Coulisses Cuisson du tapioca, mise en place, ouverture Stories, TikTok
Nouveautés et éditions limitées Révélation d’une boisson de saison Instagram, TikTok
Questions de clients « Qu’est-ce qu’un popping boba ? », « Comment choisir son sucre ? » TikTok, Reels

Jouer sur les couleurs et les superpositions

Les contrastes fonctionnent le mieux : un thé vert clair avec des perles rouges, un lait blanc sur un sirop foncé, un thé de fruits orangé avec des perles jaunes. Filmez en lumière naturelle, sur fond neutre, et laissez quelques secondes au plan fixe avant le mélange.

Mettre en valeur les popping boba

Le popping boba, ou perle de fruits, est une petite sphère formée d’une fine membrane végétale à base d’alginate et d’un cœur liquide aromatisé, qui éclate sous la dent. Ses couleurs vives et variées en font un sujet idéal : gros plan sur la cuillère qui les dépose, ralenti sur une perle qui éclate, comparaison de plusieurs parfums côte à côte. Pour choisir des associations de couleurs, la gamme de perles de fruits offre une palette allant de la mangue à la myrtille.

L’ASMR, un format à part

L’ASMR (pour autonomous sensory meridian response) désigne des vidéos centrées sur des sons doux et précis, censés procurer une sensation de détente. Pour un bar à bubble tea, la matière sonore ne manque pas : glaçons, shaker, opercule, perles. Un micro proche et un environnement calme font toute la différence.

Montrer les coulisses

Les coulisses rassurent et humanisent : préparation du thé du jour, cuisson des perles de tapioca, équipe au travail avant l’ouverture. Ce type de contenu demande peu de mise en scène et se prête bien aux stories quotidiennes.

Garder un rythme réaliste

Mieux vaut publier régulièrement des contenus simples que de manière irrégulière des vidéos très produites. Un calendrier éditorial léger aide :

  1. une vidéo de préparation par semaine ;
  2. des stories en continu (arrivages, météo, affluence) ;
  3. une publication dédiée à chaque nouveauté ou édition limitée ;
  4. des réponses en vidéo aux questions fréquentes des clients.

Pour l’organisation des temps forts, voir aussi notre article sur la promotion des boissons spéciales.

Quelles règles respecter avant de publier ?

Le droit à l’image des clients et des salariés

Le droit à l’image est le droit de toute personne de s’opposer à la diffusion de son image sans autorisation. La CNIL rappelle qu’il s’applique partout, y compris sur internet, et que chacun peut s’opposer à la reproduction ou à l’utilisation de son image sans autorisation préalable. Avant de publier la photo d’un mineur, l’accord des parents est nécessaire.

En pratique :

  • demandez l’accord explicite de toute personne reconnaissable avant de publier, et gardez-en une trace ;
  • privilégiez les plans sur les mains, les gobelets et le comptoir ;
  • pour les salariés, prévoyez une autorisation écrite précisant les supports utilisés ;
  • retirez rapidement une image si la personne le demande.

Qu’est-ce que l’influence commerciale selon la loi ?

La loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 encadre l’influence commerciale. Elle vise les personnes physiques ou morales qui, à titre onéreux, mobilisent leur notoriété auprès de leur audience pour promouvoir, par voie électronique, des biens, des services ou une cause. Un créateur de contenu rémunéré, ou qui reçoit une contrepartie, pour parler de votre établissement entre dans ce cadre.

La mention « Publicité » ou « Collaboration commerciale »

Dans sa version de 2023, l’article 5 de la loi imposait d’indiquer explicitement la promotion par la mention « Publicité » ou « Collaboration commerciale ». L’ordonnance n° 2024-978 du 6 novembre 2024 a assoupli ce dispositif pour le rendre compatible avec le droit européen : une mention équivalente, adaptée à l’activité et au format du support, est désormais admise, et elle doit être claire, lisible et compréhensible.

L’absence d’indication de l’intention commerciale reste une pratique commerciale trompeuse lorsque cette intention ne ressort pas déjà du contexte. Pour un établissement qui travaille avec des créateurs, la recommandation reste simple : demander l’une des deux mentions historiques, bien visible, sur chaque contenu.

Le contrat avec le créateur de contenu

La loi impose un contrat écrit entre l’annonceur et l’influenceur, qui précise notamment l’identité des parties, la nature des missions et la rémunération. Selon un décret du 28 novembre 2025, applicable depuis le 1er janvier 2026, cette obligation s’applique à partir de 1 000 euros HT de rémunération sur l’année, pour un même annonceur et un même objectif. Surtout, l’annonceur, l’influenceur et leurs éventuels agents sont solidairement responsables des dommages causés aux tiers dans l’exécution du contrat : l’établissement a donc tout intérêt à relire les contenus avant publication.

Que retenir pour réussir sur les réseaux sociaux ?

Le bubble tea a un avantage naturel sur TikTok et Instagram : il est beau, coloré et sonore. Pour en tirer parti, un établissement doit publier régulièrement des contenus simples, mettre en avant les couleurs et les gestes, et encadrer ses collaborations. Droit à l’image et transparence commerciale ne sont pas des contraintes accessoires : ils protègent la réputation de l’établissement autant que ses clients.

Les marques de toppings participent aussi à cette dynamique visuelle. MiruMiru, marque lyonnaise de popping boba fabriqués à Taïwan, propose ses perles de fruits aux professionnels via Metro.

Questions fréquentes

Pourquoi le bubble tea est-il si présent sur Instagram et TikTok ?

Parce qu'il est très photogénique : gobelets transparents, couleurs vives et perles visibles. L'Express Franchise attribue une part de l'essor de la boisson en France à ce caractère « instagrammable » et à la viralité qui en découle.

Un influenceur payé pour parler de mon bubble tea doit-il le signaler ?

Oui. La loi du 9 juin 2023 impose d'indiquer l'intention commerciale d'un contenu d'influence rémunéré. Depuis l'ordonnance du 6 novembre 2024, une mention équivalente adaptée au support est admise, mais « Publicité » ou « Collaboration commerciale » restent les formulations les plus sûres.

Puis-je publier la photo d'un client qui boit un bubble tea dans ma boutique ?

Seulement avec son accord. La CNIL rappelle que le droit à l'image s'applique aussi sur internet et que toute personne peut s'opposer à la diffusion de son image sans autorisation préalable. Pour un mineur, l'accord des parents est nécessaire.

Faut-il un contrat écrit avec un créateur de contenu ?

La loi du 9 juin 2023 prévoit un contrat écrit entre l'annonceur et l'influenceur. Un décret du 28 novembre 2025, applicable depuis le 1er janvier 2026, rend ce contrat obligatoire à partir de 1 000 euros HT de rémunération annuelle pour un même annonceur et un même objet.

L'établissement est-il responsable de ce que publie l'influenceur ?

En partie. La loi prévoit que l'annonceur, l'influenceur et, le cas échéant, leurs agents sont solidairement responsables des dommages causés aux tiers dans l'exécution du contrat d'influence.

Sources

  1. L'Express Franchise — Comment se porte le marché du bubble tea en France en 2026
  2. taz — Bubble Tea feiert sein Comeback (8 juillet 2021)
  3. BeverageDaily — Why is bubble tea bubbling up as a big drink choice? (26 juillet 2024)
  4. Légifrance — Loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 visant à encadrer l'influence commerciale
  5. La Lettre des Réseaux — Influence commerciale : assouplissement des obligations d'information (janvier 2025)
  6. Les Gens d'Internet — Contrats écrits obligatoires à partir de 1 000 euros HT (5 janvier 2026)
  7. CNIL — Le droit à l'image s'applique-t-il sur internet ?

MiruMiru

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